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HABITER EN VILLE 

UNE REFLEXION SUR LES MAISONS DE VILLES

Les maisons de ville sont un modèle architectural ancien et répandu, chaque ville en possédant ses variantes, Brest comprise. Elles représentent un compromis agréable -mais onéreux- entre l’appartement et la maison à la campagne, sans les inconvénients du pavillonnaire - modèle dont on sait qu’il ne pourra perdurer. L’accroissement des zones de lotissement et le coût du foncier entraîne la création de parcelles de plus en plus réduites, consommatrices d’espace et créatrices de cette « France moche »[1]. De plus, il nous parait aujourd’hui évident que le jardin sous sa forme privative ne peut exister en ville où la question de la densité est primordiale.

Les opérations immobilières en centre-ville se concentrent sur du logement collectif, pour des raisons de coût d’achat du terrain et de recherche de rentabilité. Ces constructions proposent essentiellement des typologies allant du T2 au T4, ce qui exclut de facto les familles de classe moyenne des centres-villes, ne leur proposant comme alternative que la maison en lotissement.

L’objectif d’une réflexion sur les maisons en ville est donc de proposer une typologie de logement qui puisse répondre aux aspirations contemporaines des familles tout en étant abordable et durable :

  • Des maisons compactes à l’emprise au sol réduite (coût foncier réduit, économie d’espace)

  • Des maisons flexibles capables de s’adapter et d’évoluer.

  • Des maisons possédant des espaces libres d’usage.

 

De l’importance du vide : Manifeste pour un espace libre d’usage & pour un jardin commun

« La question centrale n'est pas celle d'une opposition radicale entre le logement individuel et le logement collectif mais celle d'une conception architecturale qui donne aux habitants la maîtrise de leur habitat »[2]

 

Fort de ces orientations, nous avons travaillé le concept de la maison verticale et du jardin commun :

L’habitat se propose comme un volume à bâtir ayant une emprise au sol restreinte mais pouvant s’élever en hauteur. La parcelle, réduite, est entièrement construite. Le volume est cependant généreux, pouvant intégrer dans la continuité de l’habitat des « vides » synonyme d’espace libre d’usage. Ces derniers, peuvent être de toute nature : balcon, serre, patio … abrités ou non.

Le jardin commun devient un lieu des possibles, un espace d’échange et de rencontre pour les habitants :  installation de jeux pour enfants, potager partagé, compost, verger collectif… Libre aux habitants d’inventer leur commun. Le jardin reste accessible depuis les maisons grâce à un accès privatif pour qui a besoin d’un supplément de place pour bricoler, qui organise un barbecue pour manger sous les arbres, etc. Cela permet à tous de disposer d’un jardin où nature et activité humaine peuvent cohabiter.

Notre projet de la maison verticale défend l’idée qu’en interprétant le modèle de la maison de ville, il est possible de proposer des habitations généreuses, flexibles et abordables, qui répondent à un objectif de densité et d’urbanité durable tout en proposant le confort d’une maison individuelle

 

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[1] DE JARCY, REMY, « Comment la France est devenue moche », Publié le 12/02/2010. Mis à jour le 25/08/2015, Télérama.fr http://www.telerama.fr/monde/comment-la-france-est-devenue-moche,52457.php

[2] BRES, BEAUCIRE, MARIOLLE, Territoire Frugal, la France des campagnes à l'heure des métropoles, 2017 Métis Presse, coll Vue d'ensemble, Genève, p 81

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CONCOURS MAISON DE VILLE A BREST

Pour développer notre concept, nous avons choisi une parcelle simple, située en centre-ville. Rectangulaire, le site est accessible par la rue, et à l’arrière par une venelle.

La simplicité de la parcelle nous permet d’implanter deux rangs de maisons, séparés par un jardin commun. L’objectif de densité est donc atteint, tout en préservant l’intimité. Les futurs habitants peuvent ensuite choisir entre trois dimensions de surface à bâtir :  selon leurs aspirations ; leur budget ; leurs profils.

Les seules contraintes imposées dans la conception des habitations sont de :

  • Décoller le RDC afin de pouvoir garer au moins un véhicule

  • Construire entièrement le gabarit mais avec au moins 1/3 de volume « vide », non chauffé (patio, serre…)

Outre l’usage d’espace extérieur, le vide sert de « réserve foncière », laissant la possibilité de s’agrandir. En s’organisant en strates autour d’un escalier central, il devient facile de diviser l’habitation pour accueillir un parent âgé ou laisser de l’autonomie à un étudiant

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ETUDE DE FAISABILITÉ A BREST

Le terrain se trouve dans le quartier Saint Pierre à Brest, une zone péri-urbaine de brest avec une faible densité.  Nous souhaitions impulser une nouvelle densité, en proposant un projet qui limitait l’occupation du sol. La densité est alors une force pour proposer des typologies alternatives à la maison de ville, adaptée à l’évolution de la société et des besoins contemporains. Cette proposition doit être suffisamment généreuse et intimiste pour attirer tout le monde. Nous défendons « un retour à la ville », c’est-à-dire être capable de proposer à tous – et donc même aux profils les plus atypiques « très grandes famille, personne seules, colocations intergénérationnelles ou non, logement adaptatifs… :

  • Comment proposer une typologie alternative au pavillon, garantissant la densité tout en préservant l’intimité, et une évolution possible ?

  • Comment faire adhérer et accepter cette alternative à l’habitat traditionnel ?

  • Au-delà de la typologie de l’habitat, il y a une réflexion à mener sur le montage d’une telle opération. Plusieurs pistes avaient été lancée et mériteraient qu’on s’y attarde : qu’est-ce que l’on vend aux futurs habitants ? une coque ville ? un catalogue de projet ? Comment s’organise l’entretien du jardin ?

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© Laboratoire d'Architecture de Bretagne